Licence Elite One : la FECAFOOT sort les griffes sur la formation des jeunes

Il y a des réformes qu’on annonce en fanfare, et d’autres qu’on pose sur la table en serrant les dents. Celle-ci fait partie de la seconde catégorie. À partir de la saison 2026/2027, aucun club d’Elite One ne pourra obtenir sa licence nationale sans engager obligatoirement une équipe dans le championnat de jeunes FIFA TDS U17. La FECAFOOT a tranché. Et cette fois, elle dit que ce sera sans exception.

Un serpent de mer enfin sorti de l’eau

Par une note publiée le 2 avril 2026, le Secrétaire Général de la FECAFOOT, Mandong Blaise Issac, a confirmé que l’octroi de la Licence Nationale sera désormais conditionné à la présence d’une pépinière active au sein des clubs. Pour les observateurs avertis, la mesure a un air de déjà-vu : c’est un serpent de mer qui refait surface dans les bureaux de Tsinga, annoncé depuis plusieurs années mais jusque-là peu appliqué, faute de sanctions réelles.

Cette fois, le calendrier est précis et la mécanique, claire. Dès 2026/2027 pour les clubs d’Elite One, puis dès 2027/2028 pour ceux d’Elite Two, la règle s’appliquera à l’ensemble du football professionnel camerounais.

Qui est déjà en règle, qui ne l’est pas

Le tableau est contrasté. Sur les quatorze clubs qui évoluent en MTN Elite One cette saison, seuls quelques-uns sont déjà conformes : l’Apejes de Mfou, l’AS Fortuna, le Coton Sport de Garoua, Gazelle FA font partie des formations qui engagent déjà une équipe en championnat FIFA TDS U17. Pour les autres, plusieurs disposent bien de catégories jeunes, mais ne sont tout simplement pas inscrits au championnat national, un écart que la FECAFOOT ne tolérera plus.

L’objectif affiché : aligner le Cameroun sur les standards mondiaux

Derrière cette réforme, la FECAFOOT entend combler des lacunes structurelles qui ont freiné pendant des années la production régulière de talents au niveau local. Les clubs seront désormais contraints d’investir dans des académies, des réseaux de détection et une infrastructure d’encadrement. L’initiative s’inscrit dans la politique de modernisation portée par Samuel Eto’o depuis sa réélection à la tête de la fédération, et s’appuie sur le championnat FIFA TDS U17 lancé le 10 février 2026.

La vraie question : la FECAFOOT ira-t-elle jusqu’au bout ?

C’est là que le bât blesse. Le football camerounais est notoirement fragile sur le plan financier. Obliger un club déjà à bout de souffle à monter une section jeune structurée, payer des éducateurs, s’inscrire à un championnat national, c’est une charge supplémentaire pour des structures qui peinent souvent à boucler leur saison première.

La question reste entière : la FECAFOOT osera-t-elle refuser la licence à un « grand » du championnat si ses catégories inférieures n’existent que sur le papier ? Pour que cette réforme ne soit pas qu’un simple effet d’annonce, l’intransigeance devra être la règle. La modernisation du football camerounais est à ce prix.

L’intention est juste. La direction est bonne. Mais entre le communiqué de Tsinga et le terrain de Bafoussam ou Maroua, la distance est parfois immense. Les présidents de clubs ont un peu plus d’un an pour s’y conformer. Le compte à rebours est lancé.