Onana, Eto’o et la FECAFOOT : le divorce à ciel ouvert

Il y a des silences qui durent trop longtemps pour rester des silences. Celui d’André Onana a tenu quelques mois. Puis, mi-avril 2026, lors d’un live TikTok organisé par le journaliste Ayuk Taku, le gardien de Trabzonspor a tout lâché. Sans filtre, sans intermédiaire, face à des milliers de supporters camerounais qui attendaient ce moment depuis longtemps.
« Un individu qui utilise la FECAFOOT pour régler ses comptes »
Onana a tenu à clarifier sa position dès l’entrée en matière :
« Je n’ai aucun conflit avec la sélection ni avec la Fécafoot. Mon désaccord concerne une personne qui se sert de la Fédération et de l’équipe nationale pour régler ses comptes personnels. Si tu n’es pas de son avis, tu es mis de côté. J’ai encaissé beaucoup de critiques par amour pour mon pays. On m’a poussé vers la retraite, mais aujourd’hui, je ne peux qu’encourager nos jeunes joueurs. »
Sans jamais prononcer le nom de Samuel Eto’o, le message était limpide pour tous ceux qui suivent le football camerounais depuis quelques années. Onana tente de dissocier l’institution du conflit qu’il dit subir, une nuance importante, mais qui n’enlève rien à la gravité du malaise qu’il décrit.
Il a également tenu à réaffirmer son attachement au maillot national :
« L’équipe nationale, c’est pour tous les Camerounais et je ne suis pas retraité […] Mais si on ne m’appelle pas, ça veut tout simplement dire que je n’ai pas le niveau. Le jour où le coach Pagou considérera que j’ai le niveau, on va m’appeler et on verra »
a-t-il soutenu avant de vanter ses coéquipiers qui sont actuellement au sein de la tanière.
« Pour le moment, on a Epassy qui est bon. On a Simon Ngapandouetnbu et d’autres nouveaux »
clarifie-t-il.
Controverse sur les primes : Onana sème le trouble, la FECAFOOT dément
Le live n’a pas que traité du conflit avec la direction. André Onana a également affirmé que certains joueurs de l’équipe nationale auraient perçu 5 millions de FCFA au lieu de 50 millions lors des récentes éditions de la CAN, des propos qui ont immédiatement relancé la polémique. Face aux déclarations du gardien, le chargé de la communication de la FECAFOOT, Jean-Marie Nkoussa, a réagi dans un ton ferme pour démentir ces accusations, entraînant également des réactions de plusieurs joueurs venus contester publiquement les propos d’Onana.
La FECAFOOT prépare une sanction
La réponse institutionnelle ne s’est pas fait attendre. D’après les informations de Sport News Africa, le cas du gardien sera mis à l’ordre du jour de la prochaine Assemblée générale de la FECAFOOT en vue d’une sanction. Une suspension de plusieurs années de l’équipe nationale ferait partie des options étudiées. Selon la même source, Eto’o aurait même songé dans un premier temps à infliger directement une sanction disciplinaire à Onana, mais son entourage l’aurait dissuadé afin d’éviter une décision ressemblant à un « fait du prince ».
L’ironie du sort : cette sanction éventuelle n’aurait pas forcément d’impact réel, dans la mesure où Onana n’a plus été convoqué depuis le remplacement de Marc Brys par David Pagou, et que son entourage confirme qu’il « n’imagine pas un retour tant que les dirigeants actuels seront en poste ».
Un feuilleton qui dure depuis la CAN 2023
Ce nouveau chapitre n’est pas sorti de nulle part. Depuis le début du second mandat de Samuel Eto’o et la nomination de David Pagou, plusieurs cadres ont disparu de la sélection camerounaise juste avant la CAN 2025. André Onana en fait partie. L’histoire remonte en réalité à la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, où Onana avait mal vécu la perte de son statut de titulaire sur fond de tensions avec Eto’o. Une partie des supporters soutient Onana, dénonçant la gestion autoritaire de la FECAFOOT. D’autres, en revanche, pointent une forme d’ingratitude envers Eto’o, qui a joué un rôle clé dans le parcours du gardien, notamment via la fondation Fundersport qui lui a permis de se former et de rejoindre l’Europe.









