Présidentielle FIFA 2027 : un Camerounais ose défier Infantino

Le 30 avril 2026, Jean Crépin Nyamsi, président du club Dihep Di Nkam FC, a officialisé sa candidature à la tête de la FIFA, la plus grande institution du football mondial. Le ton est donné d’emblée :
« Il faudra être courageux pour m’affronter »
Lance-t-il sans détour. Voilà un Camerounais qui n’est pas venu pour faire de la figuration.
Qui est Jean Crépin Nyamsi ?
Le profil de Jean Crépin Nyamsi détonne dans l’univers feutré de la gouvernance footballistique internationale. Universitaire de formation, il ne possède ni le CV de dirigeant chevronné ni le réseau traditionnel des candidats à la présidence de la FIFA. Il est enseignant d’université en France, docteur en communication, titre obtenu à l’âge de 24 ans à l’université de Lyon 2.
Son expérience dans le football se limite à une candidature à la FECAFOOT en 2021, campagne qu’il avait finalement abandonnée pour soutenir Samuel Eto’o. Depuis, il observe, il analyse et selon ses propres mots, il travaille depuis 2021 à :
« comprendre pourquoi il y a des difficultés, pourquoi il y a des plaintes, pourquoi les fédérations ne s’entendent pas avec les présidents surtout africains ».
Un message pour l’Afrique
La candidature de Nyamsi n’est pas seulement personnelle. Elle est portée comme un symbole continental. Il se propose comme « le libérateur du football africain face à l’influence étrangère », dénonçant le fait que la CAF serait dirigée sous les ordres du président de la FIFA, et que certaines choses seraient imposées à l’Afrique depuis Zurich.
Son soutien André Onana, oui, le gardien de Trabzonspor a apporté publiquement son appui à la candidature, la qualifiant de « particulièrement celle de l’Afrique et du Cameroun ». Une équipe d’avocats internationaux a par ailleurs été constituée pour contester l’éligibilité de Gianni Infantino à se représenter, arguant qu’il ne disposerait plus du droit de briguer un nouveau mandat.
Le mur en face : Infantino et la CAF
Les obstacles sont immenses, et les observateurs le disent clairement. Plusieurs fédérations africaines réunies au sein de la CAF ont récemment exprimé leur soutien à une nouvelle candidature de Gianni Infantino pour l’élection prévue en 2027, une dynamique qui pourrait peser lourd dans la configuration du vote.
Pour se présenter, un candidat doit recueillir le parrainage d’au moins cinq fédérations nationales, Nyamsi devra donc convaincre d’autres pays africains ou asiatiques de le soutenir. Son absence de soutiens institutionnels visibles, le verrouillage opéré par Infantino et son inexpérience des arcanes de la politique footballistique internationale constituent des handicaps considérables.
Un précédent qui compte
Réaliste ou pas, cette candidature pose une question que le football africain ne peut plus esquiver. Jamais un président de club camerounais n’avait visé aussi haut. Si Nyamsi échoue, il aura posé une question centrale : pourquoi l’Afrique n’a-t-elle jamais porté un de ses enfants à la tête de la FIFA ?
En se positionnant dès maintenant, il tente de carver un espace dans un scrutin dominé par les alliances institutionnelles et de porter une voix alternative dans un système souvent figé.
L’élection FIFA est prévue en 2027. Le processus électoral a officiellement été lancé le 30 avril lors du 76e Congrès de Vancouver. Le Cameroun a désormais un candidat dans la course. Courageux ou téméraire, le débat est ouvert.








